Le "corps en mouvement" dans la sculpture française

Mots clefs
sculptures, Coustou, Lepautre, Bosio, Carbonneaux, Desjardins, Puget, Stouf, Rutxhiel, Duret, Gonon, Rude, Soyer, Ingé

Guillaume Ier Coustou (Lyon, 1677 – Paris, 1746)

Daphné poursuivie par Apollon, 1713-1714

Provient du parc du château de Marly (environs de Paris), bassin des Carpes (1713-1714), Marbre

Nicolas Coustou (Lyon, 1658 – Paris, 1733)

Apollon poursuivant Daphné, 1713-1714

Provenant du parc du château de Marly (environs de Paris), bassin des Carpes (1713-1714), Marbre

Le groupe sculpté était disposé, dans le parc de Marly, chacun au centre d’un bassin. Le dieu et la nymphe donnaient l’impression de courir sur l’eau. Corps projetés en avant, drapés gonflés par l’air, leurs mouvements se répondaient tandis que le regard effrayé de Daphné  croisait celui d’Apollon sur le point de la rattraper.

Coustou / Lepautre : Hippomène et Atalante

Pierre LEPAUTRE (Paris, 1659/1660 – Paris, 1744)

Atalante, 1703-1705

Provient du parc du château de Marly (environs de Paris), bassin du Couchant (1706), puis bassin des Carpes (1711)

Marbre

Guillaume Ier COUSTOU (Lyon, 1677 – Paris, 1746)

Hippomène, 1711-1712

Provient du parc du château de Marly (environs de Paris), bassin des Carpes (1713)

Marbre

Le groupe sculpté était disposé, dans le parc de Marly, chacun au centre d’un bassin. Hippomène et Atalante donnaient l’impression de courir sur l’eau. Corps projetés en avant, ils sont saisis dans l’impulsion de leur foulée alors qu’Hippomène s’apprête à lances ses pommes d’or pour ralentir la course d’Atalante.

Desjardins : Quatre captifs

Martin Van den Bogaert, dit Desjardins (Breda, 1637 – Paris, 1694)

Quatre captifs, 1679-1685

Proviennent du piédestal de la statue de Louis XIV (roi de France de 1643 à 1715) sur la place des Victoires à Paris, fondue à la Révolution

Bronze autrefois doré

Les 4 prisonniers représentent les pays vaincus par Louis XIV en 1678. Les postures et les expressions des visages figurent, selon les âges de la vie, les sentiments éprouvés face à la captivité. Jeunes ou vieux, corps dénudés ou vêtus, fléchis ou en tension, les attitudes des 4 captifs disent l’espoir, la rébellion, la douleur ou la soumission.

Bosio : Hercule combattant Achélous

François-Joseph Bosio, sculpteur (Monaco, 1768 – Paris, 1845)

Carbonneaux, fondeur (Paris, 1769 – Paris, 1843)

Hercule combattant Achéloüs métamorphosé en serpent, 1824

Bronze

Ce groupe en bronze oppose le héros Hercule à Achélous métamorphosé en serpent. Hercule, muscles tendus, dont tout le poids du corps repose sur la jambe gauche, maintient fermement le cou du serpent immobilisé, gueule béante et yeux menaçants. De sa main droite, il est sur le point de le frapper. A la force et stabilité du corps d’Hercule répond la sinuosité du corps du serpent.

 

Puget : Persée et Andromède

Pierre Puget (Marseille, 1620 – Marseille, 1694)

Persée et Andromède, 1678-1684

Provient du parc de Versailles, placé en 1685 à l’entrée de l’Allée royale

Marbre de Carrare

Le sculpteur saisit l’instant où Andromède, destinée à être dévorée par un monstre marin, selon la légende tirée des « Métamorphoses » d’Ovide (1er siècle après J.C), est libérée par Persée. Si le corps de Persée est entièrement tendu alors qu’il attrape la chaine qui retenait prisonnière Andromède, le corps de la jeune fille, après avoir été suspendu à un rocher, se relâche mollement. Puget joue des déséquilibres et des mouvements inversés des corps pour insuffler force et dynamisme à son œuvre.

Depuis la cour Puget accès aux salles 28, 29, 31, 33.

Salle 28  Stouf : Femme effrayée d’un coup de tonnerre qui vient de rompre un arbre à côté d’elle

Jean-Baptiste STOUF (Paris, 1742 - Charenton-le-Pont, 1826)

Femme effrayée d'un coup de tonnerre qui vient de rompre un arbre à côté d'elle, Salon de 1798

Terre cuite

Une jeune femme vêtue à l’antique se retourne tandis qu’elle est dans l’attitude de la marche. Alors que la foudre vient de rompre un tronc d’arbre, tout son corps ploie sous la force du vent, son voile  gonflé d’air. Terrorisée, la jeune femme, cheveux défaits, bouche entrouverte, sourcils froncés, mains crispées, exprime la fragilité et la soumission de l’Homme face à la nature.

Salle 29 Houdon : Diane chasseresse

Jean-Antoine HOUDON (1741-1828)

Ce grand bronze représente la déesse Diane. Saisie dans sa course (« marche aisée » selon les termes du sculpteur) alors qu’elle chasse, le corps en équilibre sur la pointe du pied gauche, elle tient son arc dans la main gauche et une flèche dans la main droite. La nudité , la finesse et l’élégance de sa silhouette donnent à l’œuvre son aspect aérien.

Salle 31 Rutxhiel : Zéphir enlevant Psyché

Henri-Joseph RUTXHIEL (Lierneux (Belgique), 1775 - Paris, 1837)

Zéphyr enlevant Psyché, 1814

Marbre

Mouvement et légèreté animent cette sculpture alors que l’artiste place les corps à la limite du déséquilibre. Sa virtuosité technique est complétée par des effets de surface jusqu’à rendre le marbre transparent.

Salle 33 : Duret /Gonon (fondeur) Pêcheur dansant la Tarentelle

Sculptures / France / 1750-1800

François-Joseph dit Francisque DURET, sculpteur (Paris, 1804 – Paris, 1865)

Honoré GONON et ses fils, fondeurs (Paris 1780- Paris, 1850)

Jeune pêcheur dansant la Tarentelle (Souvenir de Naples) (1832)

Bronze, fonte à la cire perdue

Un jeune pêcheur esquisse un pas de danse traditionnelle : la tarentelle. Le visage souriant, le corps gracile mais nerveux, le jeune danseur dégage une grande vitalité. En équilibre sur la pointe du pied droit, la jambe gauche pliée, tandis que ses bras se lèvent avec grâce, son attitude rappelle les faunes dansant de l’Antiquité.

La technique de la fonte à la cire perdue fut utilisée par Honoré Gonon qui avait redécouvert le procédé.

 

Salle 33 : Rude : Mercure après avoir tranché la tête d’Argus, remet ses talonnières pour remonter sur l’Olympe, 1834

François RUDE, sculpteur (Dijon, 1784- Paris, 1855)

Louis-Claude-Ferdinand SOYER (1785-1854) et Etienne Germain INGÉ (mort à Paris, 1856), fondeurs

Mercure, le messager des dieux, en équilibre incertain sur la pointe de ses deux pieds, rattache sa talonnière. Son bras gauche tendu suggère son prochain envol et donne à l’œuvre son caractère dynamique. Le Mercure de Rude puise son inspiration dans la sculpture florentine de la Renaissance.

 

Annexe