PARCOURS LE « CORPS EN MOUVEMENT »: DANS LA PEINTURE ITALIENNE

Mots clefs
Peinture italienne, Daddi, Fra Angelico, Botticelli, Uccello, d'Ambrogio, Da Rimini, Braccesco, Volterra
Parcours

Bernardo DADDI

Connu à Florence de 1320 à 1348

L’Annonciation

Vers 1335

H : 0,43m ; L : 0,70m

La scène représente l’Ange Gabriel, tenant dans sa main gauche une branche de lys, annonçant à la Vierge Marie, à droite, qu’elle a été choisie par Dieu, en haut à gauche, pour donner naissance au Christ. Postures et gestes expriment les sentiments des personnages. Dieu désigne du doigt celle qu’il a choisi pour s’incarner. L’Ange vêtu de rouge, dont la présence est exceptionnelle, agenouillé en signe de respect et les mains croisées sur la poitrine montre sa dévotion à Marie. L’Ange Gabriel bénit la Vierge, dont le corps légèrement courbé et les mains croisées sur la poitrine expriment l’acceptation.

Guido di Pietro dit FRA ANGELICO

Connu à Florence en 1447 - Rome, 1455

La Décollation de saint Jean Baptiste et le Banquet d’Hérode

Vers 1430 ?

H : 0,21 ; L : 0,32m

Le peintre représente simultanément plusieurs moments d’une même histoire. A gauche, saint Jean Baptiste gît sur le sol, sa tête vient d’être tranchée. A droite, l’histoire se poursuit. Le roi Hérode, attablé dans une salle de son palais regarde danser Salomé. Le personnage vêtu de rouge nous indique, en pointant l’index, la tête de Jean Baptiste présentée sur un plateau. Elle est le prix réclamé à Hérode en échange de la danse de la jeune fille.

Alessandro FILIPEPI dit BOTTICELLI

Florence, vers 1445 - Florence, 1510

Filippino LIPPI

Prato, vers 1457 - Florence, 1504

Vers 1475

H : O,48  L : 1,32m

Scènes de la vie d’Esther :

Esther et son oncle Mardochée devant le Palais royal ; L’évanouissement d’Esther venue demander à son époux, le roi de Perse Assuérus, de sauver les juifs du royaume ; Assuérus surprend le Grand Vizir Aman en train de demander sa grâce à Esther, à l’arrière la pendaison d’Aman.

Ce panneau d’un coffre de mariage, relate simultanément 3ou 4 épisodes de l’histoire d’Esther, jeune juive mariée au roi perse Assuérus. Les colonnes et le jeu sur la profondeur permettent au peintre de séquencer le récit. A gauche, Esther et son oncle promis à la mort, par le vizir Aman, tout comme le peuple juif. Au centre, Esther venue demander à son époux la clémence pour son peuple, s’évanouit. Les deux derniers moments racontent la fin tragique du vizir, condamné par le roi, figure de tempérance et de justice.

Paolo di DONO, dit UCCELLO

Florence, 1397 - Florence, 1475

La Bataille de San Romano : la contre-attaque de Micheletto da Cotignola

Vers 1435- 1440 ?

H : 1,82 ; L : 3,17m

Uccello représente un épisode de la bataille remporté par les Florentins sur les Siennois en 1432. Il prend prétexte de la contre-attaque de Micheletto da Cotignola pour décomposer le mouvement des soldats et des chevaux. 3 moments sont montrés : à droite, les soldats à l’arrêt, lances verticales ; au centre le capitaine donnant le signal de l’assaut, cheval cabré et lance pointée vers l’ennemi ; à gauche, les mêmes cavaliers sont sur le point de charger tandis que leurs lances se baissent. La disposition des chevaux et des lances donnent à cette mêlée l’illusion du mouvement. Formant à l’origine une suite de 3 tableaux, Uccello déroulait dans le temps le récit des combats.

PIETRO DI GIOVANNI D'AMBROGIO

Sienne, 1409/ 1410 - Sienne, 1449

La Prédication de Saint Barthélémy

La Décapitation de saint Barthélémy

Vers 1435

H : 0, 23m ; L : 0,40m

Ces 2 éléments de prédelle racontent deux épisodes de la vie de saint Barthélémy. Reconnaissable à son auréole, Barthélemy prêche, entouré de jeunes nobles vêtus à la mode du XVème siècle. L’histoire se poursuit sur un 2ème élément comme dans une bande dessinée. Le peintre représente l’instant qui précède la mort. Le saint, déjà écorché vif et portant sa propre peau, est  agenouillé, sans doute en prière d’après la position des bras, attend que le soldat qui a levé son épée, le décapite.

Attribué à GIOVANNI FRANCESCO DA RIMINI

Romagne, connu à Padoue à partir de 1441 - Bologne, 1470

Douze scènes de la vie de la Vierge ; La Présentation de la Vierge au Temple ; La Vierge montant les degrés du Temple ; Saint Joseph et les Prétendants ; Le Mariage de la Vierge ; La Visitation ; La Nativité ; La Présentation de Jésus au Temple ; La Circoncision ; La Fuite en Egypte ; Jésus parmi les Docteurs.

Vers 1445

H : 0, 59m ; L : 0,29m

Le peintre a représenté sur 2 panneaux verticaux d’un tableau multiple 12 scènes de la vie de la Vierge. Ces 2 panneaux devaient être séparés par un panneau central représentant l’épisode manquant de la vie de la Vierge : l’Annonciation. L’histoire se déroule depuis la gauche vers la droite et  se lit de haut en bas. Ce récit en images n’est pas sans rappeler les vignettes de nos modernes bandes dessinées.

 

Carlo BRACCESCO

Peintre d’origine milanaise, connu en Ligurie entre 1478 et 1501

Triptyque

Panneau central : L’Annonciation

Panneau latéral gauche : Saint Benoît et un évêque

Panneau latéral droit : Saint Etienne et saint Ange le carme

Vers 1490-1500

H : 1,58m ; L : 1,07m

Ce tableau, à l’origine un polyptique, présente en son centre une Annonciation. Dans un ciel bleu laiteux, l’Ange Gabriel portant une fleur de lys, se déplace à vive allure, le drapé ondulant sous l’effet de l’air et le corps allongé sur une forme ovale et dorée. Sa main est dirigée vers la Vierge Marie.  Elle vient de se lever et se retient à une colonne, corps penché vers la gauche, bras droit à demi tendu et main pliée au niveau du poignet. Toute son attitude semble indiquer la surprise et l’effroi.

 

Daniele RICIARELLI, dit Daniele da VOLTERRA

Volterra, 1509- Rome, 1566

Le Combat de David et Goliath

Huile sur ardoise

H : 1,33m  ; L : 1,72m

Ce tableau représente sur 2 faces le combat de David contre le géant Goliath : sur l’une des faces David est vu presque de face et sur l’autre presque de dos, positions inverses pour Goliath. L’artiste résout, grâce à ce procédé, le défi que pose la représentation du mouvement sur une surface en 2 dimensions. Il montre que la peinture peut rivaliser avec la sculpture en montrant différents points de vue d’un corps en lutte d’autant plus que l’œuvre, placée sur un piédestal, pouvait être tournée.

 

Annexe