Les œuvres de l'exposition

Clou et tablette de fondation au nom de Shulgi

Suse, Iran, temple du dieu Inshushinak Cuivre Musée du Louvre
Époque néo-sumérienne, 3e royaume d’Ur, règne de Shulgi (2094-2047 avant J.-C.)
Hauteur × Largeur : 24,3 cm × 7,9 cm


Clou et tablette de fondation au nom de Shulgi
Clou et tablette de fondation au nom du roi Shulgi

Cette figurine en forme de pointe représente le roi mésopotamien Shulgi. Torse nu, vêtu d’une jupe recouverte de signes cunéiformes, une corbeille à briques repose sur sa tête et rappelle son rôle de bâtisseur. Destinée à être enfouie dans les fondations du temple du dieu tutélaire de Suse, la figurine-clou était accompagnée d’une tablette dont la dédicace, identique à celle gravée sur le clou, rappelait que le roi avait accompli son devoir de bâtisseur et restaurateur de temples : «  Pour (le dieu) Inshushinak, son seigneur, Shulgi, le puissant, roi d’Ur, roi de Sumer et d’Akkad, a construit l’Aarkesh, son temple bien-aimé ». Serviteur des dieux dont il tient son pouvoir, le roi assurait aussi la pérennité de son nom.

Le roi mésopotamien est le 1eracteur du culte. Il doit s’assurer de la protection des dieux en participant à des rituels tels que celui qui consiste à enfouir des clous dans les murs, sous les portes ou dans les fondations des temples. L’utilisation du cuivre et de la stéatite, matériaux résistants, contrairement aux bâtiments, palais et temples construits en argile, était un moyen pour le roi de s’assurer que ses successeurs retrouveraient son nom, gage de sa piété et de son inscription dans l’Histoire. Ce type de clous de fondations apparait sous le prince Gudea (vers 2120 avant J.-C). D’origine sumérienne, le motif  du roi portant le panier de bâtisseur se retrouve, vers 2520 avant J.-C sur le Relief votif du roi Ur-Nanshe de Lagash, entouré de sa famille et de dignitaires et conservé au Louvre (AO 2344).

Œuvre présentée à la nouvelle exposition de la Petite Galerie : Théâtre du pouvoir.

 

 

© Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Raphaël Chipault et Benjamin Soligny