Les œuvres de l'exposition

Baal brandissant le foudre

Minet el Beida, port d’Ougarit, Phénicie (Syrie actuelle) Bronze et or Musée du Louvre
12e siècle avant J.-C.


La statuette représente  le dieu Baal* dans l’attitude du combat. Il emprunte à la statuaire égyptienne. Le pied gauche en avant indiquant la marche mais la pose est  plus dynamique du fait de l’amplitude donnée aux bras. Le dieu devait tenir le foudre dans la main droite.

*Baal : qui signifie » seigneur » désigne en Phénicie (côte du Liban et de la Syrie actuelle) le jeune dieu de l’orage et de la fertilité. C’était le dieu protecteur de la riche cité commerçante d’Ougarit.

 

La statuette a été retrouvée avec de nombreux objets de luxe d’importation égyptienne du 14e siècle. On a retrouvé également dans le port d’Ougarit des ivoires et de la céramique mycénienne, des vases minoens de Crète, de la vaisselle chypriote, témoins des échanges internationaux qui se développent dans cette région du monde antique à la frontière entre l’Egypte du Nouvel Empire, les civilisations  de la méditerranée orientale et les puissances anatoliennes (royaume du Mitanni puis Empire Hittite). Cette région fut l’objet de toutes les convoitises ce que rappelle la célèbre bataille de Qadesh qui, vers 1274, opposa le pharaon Ramsès II à son ennemi hittite. La statuette de type égyptisant traduit l’importance des influences étrangères dans la culture d’Ougarit. Coiffé de la couronne dite blanche de Haute Égypte, figé dans l’attitude de combat souvent associée à Pharaon, la statuette appartient pourtant à une série de statuettes en bronze recouvertes de feuilles d’or communes à l’ensemble du monde phénicien et que l’on retrouve au Ier millénaire jusqu’à Carthage (Tunisie actuelle).

 

 

© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux