Les œuvres de l'exposition

Cavalier grec attaqué par un serpent

Antoine Louis Barye (Paris, 1795 - Paris, 1875) Plâtre, modèle original Musée du Louvre
19e siècle
0,54 m x 0,52 m x 0,23 m


Ce plâtre est un modèle original destiné à fabriquer un moule à pièces pour tirer l’œuvre en bronze : une chasse au serpent en Égypte. Le motif est inspiré d’un récit tiré de l’Antiquité rapporté par l’écrivain Diodore de Sicile (1er siècle avant Jésus-Christ). Un cheval se cabre. Son cavalier, rejeté vers l’arrière, dans un même mouvement, est sur le point d’être étouffé par un serpent qui s’enroule autour de son corps.

 

Barye est renommé  pour ses sculptures animalières inspirées de ses visites au jardin des Plantes de Paris dont témoignent dessins et peintures naturalistes. La tradition rapporte même qu’il pratiqua la dissection d’animaux. Il cherchait à situer ces animaux dans leur milieu naturel et inscrivait certaines de ces scènes dans un cadre exotique.

Pour autant, ayant reçu une formation classique à l’école des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier du sculpteur Bosio et du peintre Gros, certains de ses sujets s’inspirent de l’Antiquité ; l’anecdote, rapportée par Diodore de Sicile,  se situe en Egypte, à l’époque du roi Ptolémée II et lui permet de mêler son goût pour l’exotisme et la référence à l’Antique.

Le cheval cabré n’est pas sans rappeler les sculptures monumentales  signées par Phidias et Praxitèle représentant les Dioscures au Quirinal à Rome. Le torse du cavalier enlacé par le serpent semble, quant à lui, citer le Laocoon du Vatican, véritable icône imitée et reproduite à l’envi dans toutes les académies. Bien qu’aucun tirage en bronze ne soit connu de cette œuvre, ce modèle semble bien avoir été mis au point pour préparer des éditions en bronze. L’atelier de Barye est particulièrement bien connu puisqu’il possédait une fonderie qui a laissé de nombreuses esquisses en cire et des modèles en plâtre.

 

© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux