Les œuvres de l'exposition

Don Pedro de Tolède, ambassadeur d’Espagne, baisant l’épée d’Henri IV dans l’escalier du Louvre, dit aussi l’Epée d’ Henri IV

Jean-Auguste Dominique Ingres (Montauban, 1780-Paris, 1867)
1832
H : 0,36m L : 0,76m


Ce tableau de petite taille relate un épisode anecdotique du règne d’Henri IV. Il peint le moment où l’ambassadeur d’Espagne, agenouillé,  embrasse l’épée du roi présentée sur un coussin par un page. En retrait sur la gauche, des proches du roi dont Gabrielle d’Estrées, sa maîtresse, le duc d’Epernon, observent la scène, que le peintre a située au palais du Louvre, depuis l’embrasure de la porte de la salle des Caryatides, sur le premier palier de l’escalier Henri II. Ingres met en scène un épisode édifiant de la vie d’Henri IV et insiste sur le respect et l’autorité que le roi inspire même absent à la nation espagnole pourtant ennemie du royaume de France.

Jean-Auguste Dominique Ingres a tiré de l’Histoire d’Henri Le Grand (1662) de Hardoin de Pérefixe, précepteur de Louis XIV (1643-1715) l’épisode de L’épée d’Henri IV. Une réédition de l’ouvrage en 1812 témoigne de la fascination, au 19ème siècle, pour le « bon roi Henri ». Ingres fait partie des admirateurs du 1er Bourbon, il est peut-être le personnage anonyme représenté assistant à la scène du baiser derrière le cardinal Duperron. Preuve de cet engouement du peintre,trois autres compositions situant la scène non pas dans l’escalier Henri II mais dans la salle des Caryatides ont précédé cette variante. En 1855, lors de l’exposition universelle de Paris, Ingres expose le tableau du Louvre et revendique pour ce qui est considéré comme une scène de genre le rang de peinture d’histoire. Le récit historique anecdotique, la facture lisse, le goût pour les détails et le rendu des tissus rattache la toile d’Ingres au style dit « Troubadour ». 

© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Michel Urtado