Les œuvres de l'exposition

Mercure volant

Jean de Bologne dit Giambologna (Douai, nord de la France actuelle, 1529 - Florence, 1608) Bronze Musée du Louvre
1574
H : 1,80 m


L’artiste utilise la technique de la fonte à la cire perdue pour représenter cette figure en vol, en appui sur la pointe du pied gauche, véritable défi lancé aux lois de l’équilibre en sculpture. Au bras droit levé, l’index pointé vers le ciel, répond le pied gauche tendu ; au bras gauche plié répond la jambe droite rejetée vers l’arrière. Le dieu, messager de Jupiter porte le pétase ailé, le caducée et repose sur la tête du dieu des vents Eole. Le motif a servi de fontaine, l’eau jaillissant sous le pied gauche du dieu ajoutant à l’impression d’apesanteur.

 

Connu par de nombreuses réductions et par plusieurs tirages dont celui du Bargello, le Mercure de Jean de Bologne semble être l’expression de la sculpture maniériste. Traduisant en trois dimensions l’audacieuse silhouette du Mercure peint par Raphael pour la villa Farnésine au début du 16e siècle, l’œuvre est caractéristique de ce style international qui puise dans le répertoire de la Renaissance classique : corps gracile et juvénile, canon allongé, têt petite, position à la limite de la rupture d’équilibre inspiré du ballet créé à la cour des Médicis, multiplication des angles de vue, intégration dans un paysage. Le succès du style de Jean de Bologne, originaire de Douai mais qui fit toute sa carrière à Florence, à la cour des Médicis, est dû à la diffusion par son atelier ( Antonio Susini, Pietro Tacca, Pierre de Franqueville) de nombreuses réductions offertes par les Médicis en cadeau diplomatique. 

 

 

© Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Thierry Ollivier