Les œuvres de l'exposition

Ruines d’architecture avec l’Arc de Janus, le temple de Vesta et la statue équestre de Marc-Aurèle

Giovanni Paolo Pannini (Plaisance, 1691 - Rome, 1765) Huile sur toile Musée du Louvre
1743
0,79 m x 0,97 m


Ruines d’architecture avec l’Arc de Janus, le temple de Vesta et la statue équestre de Marc-Aurèle

Cette œuvre est un « caprice » : une composition fantaisiste qui réunit dans un même espace, à Rome, des monuments antiques et des ruines pourtant éloignés. A droite le temple de Vesta, au fond l’arc de Janus et au centre la statue équestre de Marc-Aurèle (161-180 après Jésus-Christ) alors considéré comme celle de l’empereur chrétien Constantin (306-337 après Jésus-Christ) et qui servit de modèle aux princes. Le motif rappelle la grandeur de l’empire romain disparu au milieu des vestiges de l’Histoire.

Pannini choisit de représenter le plus célèbre groupe équestre de l’Antiquité qui ait subsisté. Peu renseignée, la statue a vraisemblablement été créée pour le Triomphe de l’empereur, vainqueur des Germains en 176 après-Jésus-Christ ou juste après sa mort. De tradition déjà ancienne et reprise aux Grecs, les statues équestres honorifiques sont très nombreuses dans l’espace de la ville. Si l’emplacement du cavalier est inconnu, il est signalé à Latran au 10ème siècle et sans doute visible dès la fin du 8ème  siècle. Sa longévité tient au fait que la statue est alors considérée comme figurant le  premier empereur converti au christianisme : Constantin, échappant ainsi à la destruction et à la fonte. En 1538, le pape Paul III fait transférer la statue sur la colline du Capitole, siège des autorités de la ville. Michel-Ange, chargé du chantier du Capitole fait du Marc Aurèle le pivot de la nouvelle place et de son ensemble architectural. Le groupe trouve une place de choix dans l’espace public, visible par tous et modèle pour ceux qui réclamaient  l’héritage de la Rome impériale.

 

© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle