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Pour représenter le corps en mouvement, l’artiste doit maîtriser techniques et matériaux. Par le dessin, les peintres et les sculpteurs peuvent chercher la position d’un membre ou d’une silhouette, tourner autour d’un modèle, esquisser une composition. Rythme de la couleur, ligne de fuite, science de la composition permettent au peintre de suggérer vie et mouvement. L’art du bas-relief utilise des conventions propres aux arts travaillant dans les deux dimensions. Le sculpteur travaillant dans les trois dimensions défie les lois de l’équilibre et de l’apesanteur. Le modeleur d’argile et de cire procède par adjonction de matière tandis que le sculpteur sur pierre ou sur bois cherche la forme par retrait de matière. La technique de fonte du bronze à la cire perdue permet, quant à elle, toutes les audaces.
L’artiste dispose d’un certain nombre de conventions propres à chaque période qui lui permettent de suggérer le mouvement. Dès l’Antiquité, la marche apparente, la course agenouillée ou l’attitude appelée à l’époque de la Renaissance contrapposto permettent de représenter de manière synthétique plusieurs mouvements dans une attitude apparemment figée. Cette démarche trouve son aboutissement dans la représentation du corps suspendu qui échappe à l’apesanteur. Pour le corps drapé, l’artiste se joue des effets de surface pour accompagner, contredire ou révéler les volumes du corps en mouvement. L’artiste chrétien héritant de ces traditions médite sur l’expression des passions de l’âme dont le corps se fait le miroir.
Dans l’Europe de l’époque moderne, les sujets tirés des « Métamorphoses » d’Ovide, offrent l’occasion d’inventer des formules pour décomposer et suggérer le mouvement propre à la représentation de la poursuite amoureuse
Dès l’Antiquité, les artistes ont inventé plusieurs moyens de suggérer la succession de moments dans une même scène. Le polyptyque, ou tableau multiple a longtemps autorisé l’évocation de plusieurs scènes dans un même espace même si la peinture classique impose progressivement l’unité de temps et de lieu. L’invention au 19e siècle de la photographie puis du cinéma bouleverse ces codes de représentation. Les avant-gardes explorent alors d’autres manières de suggérer le mouvement en montrant la décomposition d’un geste.
Longtemps il a fallu aux artistes le prétexte de l’allégorie ou de la mythologie pour représenter le corps dansant. La Muse de la danse, Terpsichore, prête alors ses formes aux effets de virtuosité des artistes montrant leur science des drapés et leur maîtrise des volumes. Faunesses ou bacchantes sont autant d’occasion de composer des corps animés par la grâce ou par l’extase même si un Carpeaux prouve avec brio que ces sujets aussi académiques soient-ils permettent le dépassement des règles. D’abord limitées aux travaux préparatoires d’un Degas ou d’un Rodin, en cire ou en plâtre et non destinées à être exposées, les recherches sur le corps en mouvement s’enrichissent au tournant des années 1900 de l’observation du corps des danseurs et des danseuses. La danse connaît alors une véritable révolution marquée par les personnalités de Loïe Fuller, Isadora Duncan ou Nijinsky à la recherche d’un nouveau répertoire de forme qu’ils trouvent dans une Grèce réinventée alors par les archéologues.