Le site de Baouit

Le site de Baouit se situe en Moyenne-Egypte, sur la rive gauche du Nil, au sud de l’ancienne Hermopolis Magna, et à la limite entre le désert et les zones fertiles irriguées par le Nil. Son nom vient du copte et signifie ‘’monastère’’. A la fin du 4e siècle après J.-C., un monastère y est fondé par le moine Apollô (‘’Ami des anges’’), dans une région où se multiplient les couvents.

 

 

Jean Clédat, archéologue
Né à Périgueux en 1871, Jean Clédat est un égyptologue, archéologue et philologue français. Il entre à l’IFAO (Institut Français d’Archéologie Orientale), installé au Caire et dirigé par Gaston Maspero.

 

 

A propos des fouilles
A la fin du 19ème siècle, les vestiges du monastère de Baouit sont enfouis sous une grande éminence de déblai (un kôm). Les paysans locaux en extraient de l’engrais (sebakh) et quelques objets qu’ils emportent chez eux ou revendent. Ainsi, boiseries, calcaires… entrent aux musées du Caire, de Londres et de Berlin.
Apprenant cette circulation d’objets, Jean Clédat se rend dans la région, effectue des sondages du kôm et identifie le site. Dès les premiers coups de pioche, selon ses propos, apparaissent des murs, des fragments de sculpture…
Une fouille officielle est alors confiée à l’IFAO, à laquelle se joignent E. Chassignat et C. Palanque. Durant cette campagne, en 1902, sont mises au jour deux églises (Nord et Sud) et le monastère est identifié comme celui d’Apollô. Clédat réalise des copies à l’aquarelle des scènes peintes dans les ‘’chapelles’’ adjacentes. En 1913, une salle commune et de nouvelles inscriptions sont dégagées.

On retrouve enfin de nombreuses inscriptions sur les constructions mises au jour : des inscriptions commémoratives pour des moines défunts mais aussi des signatures d’artistes, pourtant très rares à cette époque (‘’Le sculpteur, c’est moi, Joseph. Priez pour moi !’’).
Au quotidien, le travail des archéologues s’avère parfois laborieux : les cultivateurs locaux se résignent difficilement à céder une partie de leur terrain, le kôm, aux fouilles, et à se voir dépouiller arbitrairement de leurs richesses ; une tempête de sable durant la campagne met à mal les documents de Jean Clédat (notes, dessins, photos…)
Les vestiges sur place ont aujourd’hui quasiment disparus et le partage des découvertes s’est fait dès 1902 entre l’Egypte et la France. Environ 200 objets (sculptures, frises, portail…), auxquels s’ajoutent des papyrus, sont restés au Caire, au musée copte, tandis qu’on estime à 400 les objets rapportés en France et conservés au Louvre, ce qui permet au musée d’inaugurer dès 1929 la ‘’salle de Baouit’’.

 

 

Au musée du Louvre
Salle Baouit, aile Denon, niveau -1, salle 174

Grâce aux archives et photos de fouilles, une partie de l’église sud a pu être reconstituée. Elle témoigne d’héritages croisés : son plan, de type basilical, provient de l’architecture civile romaine ; certains décors végétaux sont issus de la tradition hellénistique ; le mur oriental (abside) et l’alternance de la pierre et du bois dans la décoration sont dans la tradition égyptienne copte.

 

 

Crédits images : © Ihab Mohammed Ibrahim (IFAO) ; © Emile Chassinat ; © 2000 Musée du Louvre / Etienne Revault ; © Archives du département des Antiquités Egyptiennes / Musée du Louvre ; © Archives du département des Antiquités Egyptiennes / Musée du Louvre ; © Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Georges Poncet