Le site de Phocée


Phocée se situe en Asie mineure, sur la côté occidentale, près de l’embouchure de l’Hermion. C’est une cité grecque ionienne, fondée vers le 10e siècle avant J.-C. par les Phocidiens (Grecs du continent). D’après l’historien Hérodote, les Phocéens seraient les premiers Grecs à avoir effectué de longs voyages maritimes. Ils fondent ainsi de nombreuses colonies en Méditerranée occidentale, à partir du VIème siècle, comme Nikaïa et Antipolis (actuelles Nice et Antibes) et surtout Massalia, l’actuelle Marseille. Conquise par les Achéménides à la fin du 6ème siècle avant J.-C., la cité est en partie abandonnée. La nouvelle Phocée se développe à une dizaine de kilomètres de la ville antique et prospère au Moyen-âge grâce au commerce de l’alun.
 

 

Félix Sartiaux, archéologue
Né en 1876, Félix Sartiaux est un polytechnicien, ingénieur et chef d’exploitation des chemins de fer du Nord français. Parallèlement, il s’intéresse à l’archéologie ; en 1911, le ministère de l’Instruction publique lui confie une double mission : étudier le décor et l’architecture du temple d’Assos (cité grecque de Troade), puis explorer le site de Phocée.

 

 

 

A propos des fouilles
A la fin du 19ème siècle, l’archéologie française connait une crise en Asie mineure, là où les Allemands mettent au jour des sites prestigieux du monde grec en Ionie comme Pergame, Millet ou encore Samos. Dans un contexte antigermanique, il s’agit donc pour Sartiaux de retrouver le premier l’antique Phocée, afin de remonter aux origines de la cité.
Trois missions sont menées : en 1913, 1914 et 1920.
Dès 1913, Sartiaux procède à une exploration rigoureuse du site, réalise des sondages, des relevés topographiques (les plans qu’il réalise sont encore à ce jour les seuls disponibles) et géologiques. S’y ajoutent de nombreuses notes et photographies.
La Première Guerre mondiale met un terme à sa mission. Dès juin 1914, Sartiaux assiste à l’expulsion des Grecs de Phocée par les troupes ottomanes ; il prend une part active à ces évènements en plaçant sous protection française de nombreux réfugiés.

Malgré des fouilles finalement limitées et de nombreux objets dispersés, en partie recueillis au Louvre, les fouilles de Sartiaux marquent néanmoins une étape importante dans l’archéologie française par ses méthodes pionnières. Son abondante documentation dresse un portrait de la Phocée antique tout comme elle témoigne de la vie quotidienne à Phocée au début du siècle.

 

   

Au musée du Louvre
Sont exposés aujourd’hui dans les salles du musée du Louvre des objets issus des périodes grecques classiques, hellénistiques mais aussi romaines. Les archives du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines du musée conservent également des relevés au crayon de fragments de mosaïques issus d’une villa romaine dégagée par Sartiaux en 1920.


Crédits images : © Cahiers Balkaniques ; © Cahiers Balkaniques ; © Archives du département des Antiquités Grecques, étrusques et romaines ; © Archives du département des Antiquités Grecques, étrusques et romaines ; © Archives du département des Antiquités Grecques, étrusques et romaines