Le site de Saqqara


Saqqara se situe sur un plateau de la rive gauche du Nil, à l’ouest de Memphis. C’est la plus ancienne et l’une des principales nécropoles d’Egypte. On y trouve la première pyramide en pierre, construite vers 2600 avant J.-C., par Imhotep pour le pharaon Djoser. Un temps délaissée pour la nécropole de Thèbes, Saqqara retrouve son importance sous le nouvel empire ; notamment avec la construction du Serapeum (ensemble de sanctuaires dédiés au dieu Apis). S’y ajoute un monastère copte, ce qui fait de ce site un condensé d’art égyptien sur près de 4000 ans.

 

 

François Auguste Ferdinand Mariette, archéologue
Né en 1821 à Boulogne sur mer, il s’intéresse très jeune aux langues anciennes, dont le copte. Reprenant les travaux de Champollion, il s’initie à la lecture des hiéroglyphes et se passionne pour l’Egypte. En 1850, il reçoit sa première mission en Egypte : acquérir d’anciens manuscrits. Celle-ci se soldant par un échec, Mariette entreprend alors des  fouilles sur le site de Saqqara. Il y acquiert une grande notoriété et devient conservateur adjoint aux Antiquités égyptiennes du Louvre.
Soucieux de réglementer les fouilles et d’organiser leur protection, il crée le service des antiquités égyptiennes en 1858 ainsi que le musée Boulaq, futur musée égyptien du Caire en 1863, dont il est directeur. Commissaire de l’exposition universelle de Paris de 1867 puis de l’exposition égyptienne de 1878, il fait découvrir l’Egypte aux Européens. En remerciement, Ismail Pacha, vice-roi d’Egypte, lui décerne en 1879 le titre honorifique de pacha. Vêtu d’un costume orientalisant, il est ainsi immortalisé par Nadar.

En véritable égyptomane, il participe au livret d’Aïda de Verdi et réalise décors et costumes pour la représentation donnée au Caire le 24 décembre 1871 lors de l’inauguration du canal de Suez. Enfin, à sa mort, en 1881, son corps est placé dans un sarcophage monumental, dans les jardins du musée du Caire.

 

 

A propos des fouilles
Mariette arrive à Saqqara en 1850. Le site, hormis la pyramide de Djoser, est assez méconnu jusqu’à l’expédition de Bonaparte. Dans la 1ère moitié du 19ème siècle, quelques missions étrangères y sont menées, sans grand succès. Mariette y découvre d’abord un sphinx dont seule la tête émerge du sable. Celui-ci se révèle appartenir à l’allée de sphinx du Serapeum, que Mariette met ensuite au jour. Autour, il identifie des monuments plus anciens, datant de l’Ancien empire. En raison de leur forme trapézoïdale et de siège, Mariette les nomme mastaba, du mot arabe désignant les banquettes en terre crue placées devant les maisons.
Les mastabas sont des tombeaux de particuliers réservés aux hauts dignitaires et courtisans. A l’intérieur, on y trouve un caveau où repose le défunt, entouré d’objets nécessaires à sa survie dans l’autre monde. C’est dans l’un d’eux que Mariette trouve le Scribe accroupi.

 

 

Au musée du Louvre
Lors du partage des fouilles avec l’Egypte, la France obtient un ensemble de 3000 pièces du Serapeum, transférées au Louvre, ainsi que des objets provenant des mastabas, parmi lesquels le Scribe accroupi.
Comptant parmi les chefs d’œuvre des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre, le Scribe soulève encore aujourd’hui bien des questions, notamment, les circonstances de sa découverte. D’après les archives, Mariette l’a trouvé le 19 novembre 1850 mais le récit de ses fouilles n’est publié que 30 ans plus tard et l’archéologue n’y consacre qu’une demi-page. Un de ses détracteurs, Prisse d’Avennes, prétend même que le Scribe aurait été acheté à un marchand du Caire !


 


Crédits images : Collège de France, ©Bibliothèque d’Egyptologie ; © Hélène Guichard/musée du Louvre © Ministère de la Culture - Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / Atelier de Nadar ; © RMN-Grand Palais (Institut de France) / Benoît Touchard ; © Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais /  Christian Décamps