Le site de Suse

Suse se situe dans le Sud-ouest de l’Iran actuel, à 140 km à l’est du Tigre. Au croisement des routes entre Mésopotamie et le plateau iranien, le site est occupé dès le 4ème millénaire avant J.-C. Au 3ème millénaire avant J.-C., Suse est l’une des capitales du royaume élamite, avant de passer au 6ème siècle avant J.-C. sous le contrôle achéménide et de devenir la résidence royale du roi Darius Ier. Après 640 et la conquête musulmane, la ville est intégrée à l’empire abbasside. Son déclin s’amorce au 14ème siècle et le site est peu à peu abandonné.
 

 

Jacques de Morgan, archéologue
Né en 1857 près de Blois, Jacques de Morgan est un ingénieur et archéologue français.
Très jeune, grâce à son père, il s’intéresse à l’archéologie et participe à des fouilles en France. C’est ensuite un adolescent rebelle, renvoyé à plusieurs reprises (il a notamment jeté le squelette de l’école par la fenêtre sur le sous-directeur), mais qui intègre l’Ecole des mines dont il sort diplômé en 1882.

En tant qu’ingénieur, il effectue de nombreux voyages qui le conduisent en Malaisie, dans le Caucase, au Kurdistan (il y repère des gisements de pétrole), en Anatolie… Doué d’une grande curiosité et s’intéressant à diverses disciplines scientifiques, il porte un autre regard sur ces régions et se tourne progressivement vers l’archéologie. Il est ainsi nommé directeur du Service des Antiquités de l’Egypte, sans être égyptologue ; il réorganise notamment le musée de Gizeh. En 1897, il prend la tête de la délégation française en Perse, la France ayant obtenu le privilège des fouilles. Il en rentre en 1912 et passe la fin de sa vie à rédiger des ouvrages pour transmettre son savoir au grand public.

 

  A propos des fouilles
A la fin du XIXème siècle, le site de Suse est constitué d’un ensemble de trois tells surplombant la rivière Chaour (en archéologie, un tell, de l’arabe signifiant colline, est un monticule artificiel formé des différentes couches d’habitation humaine). Avant lui, le Britannique William Loftus puis les français Marcel et Jane Dieulafoy ont mis au jour les couches supérieures des tells, notamment le palais de Darius Ier (colonnes de l’Apadana dans la salle du trône, et les frises des archers et des lions).
Pour ses fouilles, de Morgan dispose d’énormes moyens : un budget annuel de 130 000 francs, un millier d’ouvriers. Des tranchées sont creusées et les déblais déplacés par wagonnets ; un fortin est construit pour héberger l’expédition et la protéger d’attaques éventuelles.
  De Morgan s’intéresse quant à lui aux couches les plus anciennes, et met au jour la Suse d’avant les Perses, soit les vestiges de l’empire élamite, au 4ème millénaire avant J.-C. (naissance de l’écriture). Il trouve aussi des objets babyloniens, rapportés suite à des raids en Mésopotamie ; parmi eux, le code d’Hammurabi ou encore la stèle de Naram-Sin.
Suite aux critiques de ses méthodes de fouilles qualifiées d’’’industrielles’’, qui anéantissent une partie du contexte architectural, de Morgan démissionne de son poste en 1912 et rentre en France. Néanmoins, sa démarche scientifique, mêlant diverses disciplines, reste innovante.
 

 

  Des oeuvres au musée du Louvre
Des centaines d’objets, transportés à dos de mulet, en chariots puis en bateau, sont ramenés en France et vont alimenter le musée du Louvre. Parmi eux, le code d’Hammurabi, la stèle de Naram-Sin, ou encore les objets de la période proto-élamite dite ‘’de Suse III’’ où figurent des tablettes d’argile et un important répertoire animalier, dont cet ours, présent dans les montagnes iraniennes et visible dans la stratigraphie reconstituée de Suse de la Petite Galerie

 

Crédits images : © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Christian Larrieu ; © Archives du département des Antiquités Orientales / Musée du Louvre ; © RMN-Grand Palais / Benoît Touchard ; © Archives du département des Antiquités Orientales / Musée du Louvre ; © Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Thierry Ollivier