Découvrir l'exposition

Présentation
Cette piste de visite propose aux relais, le cadre intellectuel et pratique d’une visite de la Petite Galerie. Pour chaque œuvre ou groupe d’œuvres, il dispose de démarches, de pistes de questionnement ou d’activités à mettre en œuvre avec son public (le plus souvent un groupe mais possiblement un seul visiteur).
Parti pris
Rester disponible aux questionnements et à toute expression des visiteurs ; être très concret, éviter tout implicite ; partir du détail pour aller vers le général ; rester centré sur le parcours et le discours prévus, sans noyer les visiteurs sous trop d’informations. Pour faciliter votre entrée, privilégier les venues en matinée, en semaine plutôt que les week‐ends et hors des vacances scolaires (moins de fréquentation). Cette piste s'adresse à tout public dont handicap mental et public issue du champ social.
Objectifs
Cette piste a pour objectif d’accompagner des personnes peu familières des musées pour une visite de la Petite Galerie du Louvre, en explicitant toutes les étapes de la visite. Elle peut être utilisée par un responsable de groupe accompagné de plusieurs visiteurs comme par un proche ou un parent souhaitant accompagner une seule personne. Il s’agit d’accompagner le ou les visiteurs afin qu’il(s) puisse(nt) : découvrir un espace adapté du musée, acquérir ou développer des repères historiques, mettre du sens sur des mots employés dans cette exposition, nommer ce qui est ressenti (enrichir, développer le vocabulaire), exprimer un avis, une opinion, un choix.
Matériel
Pour cette piste vous aurez besoin de feuilles de dessin, crayons et support pour dessiner ; pour l’activité « portrait photographique » : pliants à l’accueil des groupes et appareils photos ou téléphones. Pour accompagner la découverte des œuvres, il peut être intéressant d’ajouter une dimension sensorielle à la visite en faisant toucher des objets ou sentir des odeurs. Voici quelques exemples d’objets à apporter (mais le relais peut bien sûr avoir d’autres idées) : Un morceau de pierre calcaire à toucher devant la stèle égyptienne, un morceau de fourrure à faire toucher ou un tube de peinture à faire sentir devant l’autoportrait de Tintoret, une médaille à toucher devant Charles X remettant des médailles aux artistes du Salon de 1824, ou encore une boucle d’oreille créole à faire toucher devant le Portrait d’une femme noire de Benoist. Les objets peuvent être toucher à l’aveugle, en les mettant dans un sac par exemple, pour faire deviner ce que c’est aux participants et leur permettre de se concentrer sur la texture et la forme.
Parcours

Entrée de l'exposition

Entrée

Je regarde l’affiche à l’entrée de l’exposition, et je décris ce que je vois. Le titre de l’exposition est indiqué à cet endroit : « Figure d’artiste ».

  •  Est-ce que je sais expliquer ce qu’est un artiste ?
     
  •  Quelles sortes d’art est-ce que je connais ? Est-ce que j’en pratique un ?

En rentrant dans l’exposition, je traverse un couloir où se trouvent des portraits.

  •  Qu’est-ce que je vois sur les murs ? A quoi me fait penser ce décor ?
     
  •  Comment sont habillés ces hommes ? Comment est-ce que je peux savoir qui ils sont ?

Sous les portraits, on peut lire le nom des personnes, leurs dates de naissance et de mort, et leur métier : peintre, architecte, sculpteur… Ce sont tous des artistes.

  • Quelle impression me donne cette entrée ? Est-ce que je trouve que ces artistes ont l’air plutôt sympathiques, ou plutôt impressionnants, sérieux ? Est-ce que je me sens accueilli(e) par ces portraits ? Ou au contraire est-ce qu’ils me mettent un peu mal à l’aise ?

Stèle du chef des artisans

Scribe et sculpteur Irtysen 

Règne de Nébhépertê-Montouhotep, 2033-1982 avant J.-C, 11ème dynastie

© Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Christian Décamps

La signature : stèle du chef des artisans 

Salle 1

Je m’approche de la stèle qui se trouve dans la partie gauche de la salle :

  • J’observe l’objet et je le décris. Est-ce qu’il est plutôt grand, plutôt petit ? En quelle matière est-il fait ?

 Activité sensorielle 

Je touche le morceau de pierre que l’accompagnateur a apporté, pour ressentir la matière de la stèle.

  • Je regarde le haut de la stèle. Qu’est-ce qui est gravé dessus ? J’essaye de trouver : un serpent, une jambe, un oiseau.
  • Est-ce que je sais comment on appelle ces dessins ? Dans quel pays et à quelle époque est-ce qu’on les utilisait ?

Sur toute la partie supérieure de la stèle, je peux voir des dessins gravés dans la pierre. Ces dessins s’appellent des hiéroglyphes, c’est l’écriture des anciens Égyptiens. Ici, tout un texte est écrit. L’homme qui a écrit ce texte nous parle de lui : il donne son nom et il explique qu’il est un très bon sculpteur. [Voir le "cartel signature" associé à proximité de l'oeuvre]

A cette époque, en Égypte, les sculpteurs ne signaient pas leurs sculptures et les peintres ne signaient pas leurs peintures. Aujourd’hui, on ne connaît donc presque aucun nom d’artiste de l’Égypte ancienne. C’est pour cela que cette stèle est si importante : grâce à elle on connaît le nom d’un artiste et même ce qu’il savait faire.

  •  On peut voir, en bas de la stèle, des personnages. J’essaye de me mettre dans leur position. Est-ce que c’est facile ?

La tête des personnages est de profil, leurs épaules sont de face, et leurs jambes à nouveau de profil. C’est une position qui n’est pas naturelle, et pas confortable à tenir… En fait, dans l’art égyptien, les personnages sont représentés dans des positions qui ne correspondent pas à la réalité. Le plus important pour les Égyptiens était que l’image soit lisible, qu’on comprenne facilement ce que l’on voit. Le sculpteur doit donc suivre des règles et représenter les personnages dans des positions où l’on voit bien les deux bras, les deux jambes, le visage…

  • L’un des personnages est l’homme qui a écrit le texte que l’on voit au-dessus.
  • A ton avis, où est-il ?

Ce n’est pas facile de trouver où il est, car tous les personnages se ressemblent. Là aussi, c’est parce que les artistes égyptiens n’essayaient pas de faire des portraits, des visages ressemblants, mais suivaient des règles bien précises pour les traits du visage. Le sculpteur qui a écrit le texte se trouve à gauche, debout à côté de sa femme, en train de recevoir un canard et une patte d’animal. On le retrouve aussi tout en bas, assis sur un banc avec sa femme, en train de sentir du parfum.

Activité graphique

Je dessine une partie de la stèle : un personnage, un hiéroglyphe, une scène…

Nous venons de voir comment un artisan égyptien qui a vécu il y a plus de 4000 ans a fait parvenir son nom jusqu’à nous, grâce à cette stèle. Nous allons voir à présent une autre manière qu’ont inventé les artistes pour ne pas qu’on les oublie.

Jacopo Tintoret

Autoportrait

1585

©  RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

L’autoportrait : Tintoret et Vigée le Brun

Salle 2

Je rentre dans la deuxième salle. A gauche, je vois le portrait de Tintoret. Je décris cet homme.

  • Comment est son visage ? Comment est-il habillé ? Quel âge est-ce que je lui donne ? Je choisis trois mots pour le décrire.

Activité sensorielle

Je touche le morceau de fourrure pour avoir la sensation du manteau qu’il porte.

  • Si je le croisais dans la rue, est-ce que j’aimerais lui parler ? Est-ce qu’il me fait un peu peur ? Ou au contraire, est-ce qu’il a l’air sympathique ?
  • J’observe bien ses yeux. Un écrivain, en voyant ce tableau, a trouvé que les yeux de cet homme le faisait ressembler à un animal en particulier. Quel est cet animal ?

L’écrivain C.F. Ramuz a trouvé que les yeux de cet homme le faisait ressembler à un chien (un épagneul), car il a les paupières un peu rouges et tombantes. Je peux trouver le texte où il en parle sur le cartel près du tableau. Est-ce que je suis d’accord avec lui ?

  • Le titre de ce tableau est Autoportrait. Est-ce que je sais ce que cela veut dire ?
  • Comment Tintoret, le peintre, a-t-il fait pour se peindre lui-même ? Comment a-t-il fait pour se voir ?

Il a utilisé un miroir pour pouvoir se voir et se peindre en même temps.

  • Pourquoi a-t-il fait un autoportrait ? Pourquoi s’est-il peint lui-même ?

A cette époque, la photographie n’existait pas. Peindre ou sculpter un portrait était le seul moyen d’avoir une image de quelqu’un. Tintoret a peint ce tableau pour quelqu’un qui collectionnait des portraits d’artistes. Souvent, les artistes ont fait des autoportraits pour laisser un souvenir d’eux-mêmes, pour qu’on ne les oublie pas après leur mort.

 

Je me dirige à présent de l’autre côté de la salle, pour aller voir ce tableau :

     

Elisabeth Louise Vigée Le Brun

 Madame Vigée Le Brun et sa fille

1786

© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Franck Raux

 

  • Qu’est-ce que je vois sur ce tableau ? Je regarde la position des personnages. Comment la femme tient-elle son enfant ? Est-ce qu’elle le berce, est-ce qu’elle le protège ? 


Activité sensorielle 

Je sens le parfum. A quoi me fait-il penser ?

  •  Je regarde maintenant le visage de la femme et celui de sa petite fille. Qui regardent-elles ? Est-ce qu’elles ont l’air plutôt heureuses, plutôt tristes, plutôt inquiètes ?
  •  Je regarde maintenant leurs vêtements. Comment sont-elles habillées ? A mon avis, est-ce que cette femme est plutôt riche ou pauvre ? J’imagine : quel est le métier de cette femme ?

Elle est peintre ! Son nom est Elisabeth-Louise Vigée Le Brun. Et ce tableau est aussi un autoportrait. Elle aussi s’est donc peinte elle-même. Elle était une peintre très connue à son époque, et elle a même peint plusieurs portraits de la reine de France Marie-Antoinette.

Je me rappelle l’autoportrait de Tintoret, celui que j’ai vu juste avant.

  • Quelles différences est-ce que je vois entre les deux autoportraits ? Au niveau des personnages ? De la lumière ? Des émotions ?
  • Lequel est-ce que je préfère ? Pourquoi ?

Activité « critique d’art »

Comme l’écrivain qui trouvait que Tintoret ressemblait à un épagneul, à mon tour de dire ce que je pense des tableaux ! Je choisis dans la salle un tableau et je dis ce que j’en pense : ce que j’aime, ce que je n’aime pas, à quoi il me fait penser, ce que j’aimerais changer si j’avais un pinceau… L’accompagnateur peut donner un premier exemple pour m’aider à me lancer.

Heim

Charles X distribuant des médailles aux artistes exposants du Salon de 1824

© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Philippe Fuzeau

Le Salon : Charles X distribuant des médailles

Salle 4

Je rentre dans la dernière salle, et je me dirige vers la droite, pour aller voir le très grand tableau qui se trouve au fond, sur le mur de droite :

  • Quelle est ma première impression face à ce tableau ? Je prends mon temps pour le regarder. Je peux me reculer pour le voir en entier, puis m’avancer pour regarder de plus près.
  • Je regarde l’endroit où se trouvent les personnages. Comment est cette pièce ? Qu’est-ce que je vois sur les murs ? Dans quel sorte d’endroit est-ce qu’on peut voir autant de tableaux réunis ?

Cette scène se déroule au Louvre, là où nous nous trouvons en ce moment-même, mais dans une autre partie du musée. La pièce que l’on voit s’appelle le Salon carré, elle se trouve au premier étage de l’aile Denon (près de la salle où se trouve aujourd’hui la Joconde).

  • Je regarde à présent les personnages. Est-ce qu’ils sont habillés comme on s’habille aujourd’hui ? Est-ce qu’ils portent des vêtements de tous les jours ou plutôt des tenues de fête ?

Cette scène se déroule il y a environ 200 ans. La plupart des hommes et des femmes sur ce tableau sont des artistes : des peintres, des sculpteurs… Ils sont en tenue de fête car ils sont réunis au Louvre pour une exposition de leurs œuvres. Tous les ans ou tous les deux ans, on organisait une exposition au Louvre pour montrer les œuvres des artistes vivants : cette exposition s’appelait le Salon, car elle avait lieu dans le Salon carré du Louvre.

  • Est-ce que les personnages regardent les tableaux accrochés au mur ? Qu’est-ce qu’ils sont en train de faire ? Qu’est-ce qu’ils regardent ?
  • Je repère les deux personnages au centre du tableau. Que font-ils ?

L’homme de droite, habillé en noir et vert, avec une épée à sa taille, se penche vers l’homme de gauche, habillé en blanc et doré, qui lui donne un petit objet. L’homme de gauche est Charles X, un roi de France. Il est en train de donner une médaille à l’homme de droite, qui est un sculpteur. Les artistes qui recevaient des médailles de la part du roi étaient récompensés pour leur travail. Cela les aidait à se faire davantage connaître et à vendre leurs œuvres.

Marie-Guillemine Benoist

Portrait d’une femme noire

Salon de 1800

© Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Angèle Dequier

Le modèle : portrait d’une femme noire

Salle 4

Je me retourne et me dirige vers le fond de la salle, où se trouve ce tableau :

  • A nouveau, quelle est ma première impression face à ce tableau ?
  • Dans quelle position se trouve cette femme ? Comment est-elle habillée ?

Cette femme est assise dans un fauteuil recouvert d’un tissu bleu. Elle est vêtue d’une robe blanche serrée par une ceinture rouge à la taille, qui laisse visible son sein droit. Sur sa tête est noué un tissu blanc qui redescend le long de son visage, et elle porte une boucle d’oreille.

 

Activité sensorielle 

Je touche la boucle d’oreille pour ressentir la texture du métal sur la peau.

  • Je regarde bien sa position. Elle est tournée vers nous, assise, les deux mains presque croisées devant elle. Est-ce qu’elle me fait penser à un autre tableau célèbre du Louvre ?

Sa position peut faire penser à la Joconde nue (dessin de Léonard de Vinci, conservé au musée Condé).

  • Je regarde à présent son visage, et surtout son regard. Qui regarde-t-elle ? A quoi pense-t-elle ? J’essaye de trouver deux mots pour décrire son expression.
  • Quelle pourrait être l’histoire de cette femme ?

Cette femme s’appelait Madeleine, et elle a vécu il y a environ 200 ans. Elle vivait à la Guadeloupe, où elle travaillait comme domestique pour le beau-frère de l’artiste, qui l’a emmenée avec lui pour un séjour à Paris. C’est au moment de ce séjour que ce portrait a été peint. Madeleine n’est pas montrée ici comme une domestique : assise sur un fauteuil, bien droite, le regard tourné vers nous, sa pose fait penser aux portraits des femmes de la haute société de l’époque.

  • Je regarde à présent en bas à droite du tableau, au-dessus de la main droite de la femme. Qu’est-ce que je vois ?

On peut voir la signature de l’artiste, qui était une femme. Elle s’appelait Marie-Guillemine Benoist.

  • A mon avis, pourquoi a-t-elle choisi de faire le portrait de Madeleine ?

On ne sait pas vraiment pourquoi l’artiste a peint ce tableau. En tout cas, à l’époque, il était rare de faire le portrait d’une personne noire. Peut-être que c’est justement ce qui a intéressé l’artiste : son tableau montre la beauté de la peau noire, mise en valeur par le tissu blanc et le fond clair. Elle devait aussi se douter que son tableau attirerait l’attention, car on débattait beaucoup à cette époque de la question de l’esclavage, interdit quelques années plus tôt, mais rétablit quelques années plus tard (la peintre était d’ailleurs elle-même en faveur de l’esclavage). Madeleine a été elle-même esclave auparavant.

 

Activité « portrait photographique » (activité par binômes).

Avec un partenaire, je choisis l’un des portraits de l’exposition. L’un de nous se place dans la même position que la personne représentée sur le tableau, en essayant d’imiter l’expression de son visage, la posture du buste, des mains… L’autre prend son partenaire en photo, en essayant de respecter au maximum le même cadrage que sur le tableau.

 

Sortie de l’exposition

J’ai maintenant terminé la visite de l’exposition.

  • Quelle est l’œuvre que j’ai préférée et pourquoi ?
Ressources complémentaires
En ligne

Sur le site du musée du Louvre: 

Stèle du chef des artisans :https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/stele-du-chef-des-artisans-scribe-et-sculpteur-irtysen

 

Sur le site histoire-image :

Elisabeth Vigée le Brun et sa fille :

https://www.histoire-image.org/fr/etudes/nouveau-visage-amour-maternel

Charles X distribuant des médailles :

https://www.histoire-image.org/fr/etudes/charles-x-distribuant-recompenses-artistes-fin-salon-1824

Portrait d’une femme noire, Madeleine :

https://www.histoire-image.org/fr/etudes/portrait-femme-noire

 

 

 

Textes : © Musée du Louvre / Cécile Cunin

Après la visite

La restitution est importante pour donner de la compréhension, du sens à cette visite à travers de l’expression orale, écrite, plastique… Toutes les formules sont possibles.

  • Nommer, se rappeler ce qui a été vu
  • Choisir l’objet, le lieu préféré ou le moins aimé de chaque visiteur ; demander pourquoi
  • Faire énoncer si l’expérience de la visite a été facile / difficile, par chaque visiteur ; faire apprécier à chacun son comportement durant la visite
  • Organiser une exposition des photos qui ont été prises lors de l’activité « portrait photographique ». Les participants peuvent ajouter sous leur photo un cartel qui explique ce qu’ils ont fait, avec leurs noms, le tableau qu’ils ont reproduit, si c’était plutôt facile ou difficile, s’ils se sont amusés.
  • Organiser une activité plastique : dessiner ou utiliser le collage pour faire un autoportrait ou le portrait de quelqu’un d’apprécié / admiré par le visiteur (le collage peut se faire à partir d’une photo de la personne sur laquelle on colle des éléments). Prêter attention aux émotions et aux objets qui indiquent comment est la personne, ce qu’elle aime, ce qu’elle fait.
  • Si l’un des participants est volontaire, organiser une séance de pose : le volontaire prend une pose, en mettant en valeur un objet ou en montrant une émotion particulière, et les autres participants le dessinent.