Les œuvres de l'exposition

Coupe à figures noires : course à pied

Athènes (Grèce) Terre cuite Musée du Louvre
Vers 530 avant J.-C.
12 cm x 20,50 cm


Dans un bandeau décoratif habillement délimité par les deux anses de la coupe, le peintre a représenté trois jeunes coureurs nus se déplaçant vers notre droite. L’absence de décor et d’éléments de remplissage mettent en valeur le dynamisme du mouvement. Réinventant le principe de la course dite « agenouillée », une convention montrant les quatre membres pliés pour suggérer la rapidité, l’artiste juxtapose trois silhouettes unies par leur pied et semble ainsi décomposer les enjambées d’un unique coureur.

 

Produite à Athènes mais retrouvée en Etrurie (Toscane actuelle, Italie) où elle fut exportée dès l’Antiquité, cette coupe appartient à l’abondante vaisselle de banquet utilisée en Grèce et dans tout le bassin méditerranéen en l’honneur de Dionysos, dieu du vin et du théâtre. Destinée à la consommation de vin coupé d’eau au cours de fêtes réservées aux hommes, cette vaisselle, prétexte à des jeux et des concours, évoque l’univers masculin : chasse, concours poétiques et musicaux, entraînement militaire et sportif…

La pratique sportive distingue en effet dans le monde grec le citoyen libre et constitue une partie de sa formation. Inventés selon la tradition en 776 avant J.-C., les Jeux Olympiques, liés à l‘origine à des rites funéraires aristocratiques en l’honneur du défunt, appartiennent à un cycle de concours qui voit s’affronter selon l’idéal grec de la rivalité les meilleurs citoyens des différentes cités. A Athènes, se développa une compétition en l’honneur d’Athéna - les Panathénées - qui comptait des épreuves sportives abondamment représentées sur des vases produits par les nombreux ateliers de la cité. La course de vitesse - ou stade - caractérisée ici par l’amplitude des mouvements était l’une des épreuves du pentathlon qui réunissait cinq disciplines (course, lancer du disque, lancer du javelot, saut en longueur et lutte).  Les athlètes y sont représentés nus selon une pratique expliquée par les Anciens eux-mêmes pour éviter de perdre les vêtements durant l’effort. La gymnastique (ou pratique du sport nu) distingue ainsi la culture grecque antique des civilisations qui lui sont contemporaines et est à l’origine du répertoire du nu masculin en mouvement que la Grèce légua à l’art occidental.

 

 

© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle