Les œuvres de l'exposition

Femme drapée, voilée, en marche

Tanagra, Béotie (Grèce centrale) Argile, trace de rose et de jaune Musée du Louvre
Vers 330-300 avant J.-C.
H : 12,20 cm


La figurine représente une femme, la tête levée coiffée d’un voile. Le buste est recouvert d’un manteau (himation) dont les plis laissent voir la position du bras droit replié sur la poitrine tandis que le bras gauche est posé sur la hanche et rejette le drapé vers l’arrière. Devenu fluide et flottant, le vêtement n’entrave plus le corps. Le geste libère le mouvement et donne l’illusion d’une marche rapide.

 

Cette figurine produite à l’aide d’un moule bivalve semble devoir être vue de profil comme l’indique la plaquette qui lui sert de plinthe. L’œuvre appartient à l’abondante série découverte à Tanagra en Béotie, en Grèce centrale à partir de 1872. Entrées dans de nombreuses collections publiques et privées de la fin du 19e siècle, ces Tanagréennes révélèrent un art grec coloré et influencèrent l’art de la fin du siècle.

Rodin comme Loïe Fuller apprécièrent dans ces petites figurines le corps sous le drapé. Le vêtement grec est en effet constitué de larges pans de tissu non cousus. Le manteau ou himation dissimulant les deux mains qui le tiennent, forme une tension vers le sein droit et la hanche gauche. La femme a rassemblé le vêtement très ample afin de faciliter sa marche.

L’artiste a su rendre la tension par cette opposition entre les membres supérieurs prisonniers du vêtement et l’ampleur du pas des membres inférieurs libérés. Les plis en diagonale sur la poitrine et les hanches soulignent ce mouvement et révèlent le corps. Les premières figurines de ce type apparaissent vers le milieu du 4e siècle avant J.-C. sur l’Acropole d’Athènes associées au sanctuaire de Pan et des Nymphes. Les nymphes sont le plus souvent représentées dans cet himation dissimulant leurs mains. On a pu évoquer une danse liée à des rites particuliers. La figurine du Louvre peut, cependant, ne représenter qu’une femme mariée dont le statut est rappelé par le port du voile.

 

© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski