Les œuvres de l'exposition

Fragment d'Entête de décret

Athènes (Grèce actuelle) Marbre du mont Pentélique Musée du Louvre
Vers 410 avant J-.C.


Ce fragment d’un relief représente Athéna, déesse protectrice de la cité d’Athènes. Elle est de profil et casquée tandis que son corps est de face, recouvert d’un péplos à long rabat ceinturé, qui laisse voir sa jambe droite. Elle tient dans sa main gauche un bouclier rond, sa main droite tenait une lance sur laquelle la déesse prenait appui. L’inscription, sous Athéna, semble évoquer le traité de paix avec la cité de Mytilène dont le nom est gravé sur ce relief. La déesse exprime la grâce mais aussi l’assurance que donne la puissance guerrière. Image officielle de la cité, l’effigie d’Athéna symbolise le « demos » ou « peuple » athénien.

Déesse tutélaire de la cité d’Athènes, Athéna dite Athéna Poliade (polis en grec signifiant cité) est présente sous forme de statue et reçoit un culte  lors de fêtes organisées en son honneur : Petites Panathénées et Grandes Panathénées. Tout le « demos » participe à ce moment important qui montre la communauté de destin entre le  peuple, la déesse et la cité. Au moment de la Révolution française(1789-1799), Athéna : femme, guerrière mais aussi déesse de la sagesse, inspire les allégories de la Liberté et de la République (assimilées à Marianne). Recherchant une figure capable de rassembler les citoyens français, les représentations privilégient soit la femme belliqueuse et déterminée, comme Le Génie de la Liberté dite La Marseillaise de Rude pour la première (RF 1720) soit la jeune fille sage avec La République de  Chinard pour la deuxième (RF 1883). Symboles du nouveau pouvoir, elles sont érigées, au cours du 19ème siècle, sur les places publiques et se  substituent à l’ancien symbole monarchique, celui  des statues royales.

 

© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski