Les œuvres de l'exposition

Henri IV faisant entrer des vivres dans Paris

François-André Vincent (Paris, 1746-1816) Huile sur toile Musée du Louvre
1783
H:1,57m L: 1,92m


Ce tableau relate un épisode du règne d’Henri IV qui se déroule en 1594. Alors qu’il assiège la capitale du royaume, le roi en armure et tête nue, donne l’ordre de ravitaillerParis affamée et toujours occupée par ses ennemis de la Ligue catholique (catholiques insoumis) contre l’avis d’un de ses généraux indigné qui pointe avec son épée le convoi de vivres qui se perd dans le paysage. Le geste de la main d’Henri IV retenant le bras de son compagnon permet à l’artiste d’insister sur la générosité et la grandeur d’âme du 1er Bourbon pour le peuple de Paris. Si le sujet témoigne d’un nouvel intérêt pour le passé national en cette fin du 18ème siècle, il révèle également la nécessité pour le pouvoir de prendre pour modèle le fondateur de la dynastie afin que sa popularité et « le trait d’humanité » dont il fait preuve dans cette œuvre rejaillissent sur le roi Louis XVI dont l’autorité est déjà affaiblie autour de 1780.

Cette huile sur toile sert de carton (modèle) à la réalisation d’une des 4 tapisseries, la Tenture de l’histoire d’Henri IV, commandées parle comte d’Angiviller (1730-1809) à la Manufacture royale des Gobelins. Avec la nomination du comte d’Angiviller à la direction générale des Bâtiments du roi, la peinture d’histoire devient un moyen de rappeler les vertus des ancêtres, Henri IV est le roi le plus populaire, et de ranimer le sentiment patriotique. Ce tableau est  le premier d’une série de six à être peint par François -André Vincent qui s’inspire de sources littéraires récentes sur Henri IV : une pièce à succès, Lapartie de chasse d’Henri IV  de Charles Collé, écrite en 1766 et jouée au théâtre français en 1774 mais aussi des Mémoires de Sully, ministre d’Henri IV, rééditées en 1747. Le peintre s’inscrit dans la continuité, à plus petite échelle, de la série consacrée à La vie de Marie de Médicis  de Pierre-Paul Rubens (…) au Palais du Luxembourg,  aujourd’hui au musée du Louvre dans la Galerie Médicis. Vincent reprend pour le modèle de son Henri IV le tableau de Rubens intitulé Henri IV reçoit le portrait de la Reine et se laisse désarmerpar l’amour (INV 1772). La série des tableaux entre dans la collection de Louis XVI avant que cinq d’entre eux rejoignent Fontainebleau sous Louis Philippe (1830-1848).