Les œuvres de l'exposition

Henri IV recevant l'ambassadeur d'Espagne

J A D Ingres (Montauban,1780-Paris, 1867) Huile sur toile Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris
1817
H: 0,395m L: 0,5m


Ce plat en léger relief et ce tableau représentent Henri IV et sa famille. Tous deux délivrent un message politique au-delà du simple portrait intime. Sur le plat, le roi, aux côtés de la reine Marie de Médicis, tient la main du dauphin, le futur Louis XIII, assis sur les genoux de sa gouvernante. Son 2èmefils, né de sa relation avec sa maitresse Gabrielle d’Estrées, est représenté de plus petite taille et pourtant  plus âgé, pour signifier que seule la filiation peut assurer la continuité de la nouvelle dynastie des Bourbons. Deux siècles plus tard, la familiarité de la scène peinte par Ingres représentant Henri IV en bon père de famille, à terre et jouant avec ses enfants, continue toutefois à suggérer le rang de chacun des personnages à travers leurs insignes.

Ces deux œuvres traitent du même sujet : la famille royale. Si le plat vernissé est le support qui sert de support au développement de la légende du roi,  bon père de famille, le type est déjà largement diffusé puisque la scène s’inspire d’une estampe de Léonard Gaultier datée de 1602, qui reprend une peinture de François Quesnel. Cette production qui multiplie les techniques et les matériaux diffuse l’idéologie royale qui insiste sur le caractère héréditaire de la monarchie et la règle de la primogéniture masculine. Henri IV a, certes, légitimé César de Vendôme, fils de Gabrielle d’Estrées, mais il rappelle que seul l’enfant légitime peint prétendre à la couronne. Cette distinction de rang se lit également chez Ingres. Parmi les enfants, le peintre prend soin de distinguer le futur Louis XIII à qui il fait tenir ‘épée symbole de noblesse et de sa future fonction tandis que César de Vendôme, monté sur le dos du roi, brandit le chapeau à panache blanc d’Henri IV. Si l’enjeu politique qui sous-tend la représentation d’Henri IV et sa famille est essentiel, Ingres semble privilégier l’anecdote dans le style Troubadour auquel son œuvre se rattache et vouloir prouver, alors qu’il est à Rome, sa mémoire visuelle des maîtres anciens en reproduisant, au fond du tableau, LaVierge à la chaise de Raphael, en citant Henri IV en costume noir de Pourbus le Jeune (1569-1622) ou en s’inspirant de Rubens pour Marie de Médicis (Galerie Médicis, musée du Louvre)

 

© RMN-Grand Palais / Agence Bulloz

Voir aussi...

Plat ovale: Henri IV et sa famille