Les œuvres de l'exposition

La République

Joseph Chinard (Lyon, 1756- Lyon, 1813) Terre cuite Musée du Louvre
1794
H : 0,35m L : 0,27m


La République est représentée assise, de face, immobile comme inébranlable. Elle porte un bonnet phrygien, symbole de liberté, une tunique et un manteau à l’antique et dévoile la table des droits de l’Homme tandis qu’elle tient celle des lois. Au revers, une guirlande de chêne et une massue : la force ; un faisceau et un serpent qui se mord la queue : l’éternité ; le mot Liberté.

Joseph Chinard répond, avec cette allégorie de la République, au décret de 1792 qui imposait «  une figure féminine coiffée du bonnet phrygien qui trône majestueusement dans un vêtement antique… ». Sa figure frontale rappelle les matrones romaines et le sculpteur a sans doute trouvé son inspiration dans les modèles  vus à Rome, notamment l’Agrippine assise (musée du Capitole, salle des Empereurs, Rome) dont le Louvre possède un dessin (INV 35419) et qui était célèbre au milieu du 18ème siècle.  Tout comme l’Agrippine, la coiffure de la République se compose de boucles, son manteau forme de larges plis sur les genoux et sa tunique est composée de plis parallèles. La position du bras droit renvoie à celle du bras gauche de la statue du Capitole. Esquisse d’une grande finesse d’exécution provenant du fond d’atelier de l’artiste, la terre cuite a été conçue à Lyon, ville natale du sculpteur. Elle répondait peut-être à un projet pour un monument éphémère destiné à une place publique ou à une fête révolutionnaire, Chinard avait déjà réalisé une statue colossale de la Liberté pour la fête de la Fédération en 1790. Le rituel républicain se met en scène dans l’espace public à travers la statuaire et les décors éphémères tout comme le faisait la monarchie lors des entrées royales dans les villes du royaume. 

 

© Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Hervé Lewandowski