Les œuvres de l'exposition

La Victoire de Samothrace

Antiquités grecques, étrusques et romaines DENON, ESCALIER DARU, SALLE 703 Musée du Louvre Ile de Samothrace (île du Nord de l'Egée) Marbre de Paros pour la statue (et marbre gris de Lartos pour le bateau)
vers 190 avant J.-C.
Hauteur : 3,28 m


La Victoire de Samothrace

Charles Champoiseau, diplomate français en poste dans l’Empire ottoman, mène au printemps 1863 une campagne de fouilles sur l’île grecque de Samothrace, au nord de la mer Égée. Il explore en particulier l’emplacement d’un ancien sanctuaire, abandonné à la fin de l’Antiquité, où il a été informé qu’il pourrait facilement mettre au jour des pièces intéressantes.

Il y découvre le corps drapé d’une femme, haut de plus de deux mètres, ainsi que plusieurs fragments d’ailes qui l’incitent à identifier la statue comme celle d’une Victoire. Parvenus au Louvre l’année suivante, les différents fragments sont rapidement reconnus par les conservateurs du musée comme les témoins d’un chef-d’œuvre de la sculpture grecque, et il est décidé de présenter le corps mutilé dans la salle des Caryatides. Le choix de ne pas compléter une statue antique est alors une option courageuse.

Exposée au Louvre, la Victoire éveille l’intérêt de nombreux archéologues européens. Une équipe d’archéologues autrichiens comprend notamment, en étudiant plusieurs blocs restés en place dans le sanctuaire, comment le monument était agencé. Les blocs formaient l’avant d’un navire sur lequel se dressait la statue, personnification de la Victoire sous les traits d’une déesse ailée, certainement offerte pour commémorer une victoire navale. Le transfert de ces blocs au musée du Louvre permet de procéder à une grande restauration entre 1880 et 1884. Le buste retrouve sa place sur le corps de la statue. Les fragments de l’aile gauche sont remontés, l’aile droite est reconstituée en plâtre, mais il est décidé de laisser lacunaires la tête et les bras. Un badigeon vient unifier l’ensemble, qui est transféré vers le palier supérieur de l’escalier Daru, conçu par Hector Lefuel dans le cadre de l’agrandissement du musée sous Napoléon III.

On sait déjà que le monument était disposé à l’origine en oblique, afin d’être vu de trois quarts, mais le choix retenu est de le présenter de face, dans l’axe de l’escalier Daru. Ainsi placée en majesté, révélée au monde des savants et des amateurs, la Victoire de Samothrace acquiert dès lors une célébrité qui ne la quittera plus. La scénographie est modifiée entre 1932 et 1934 selon l’esthétique Art déco, et l’ensemble se voit doté d’un décor plus dépouillé. La statue est également rehaussée grâce à l’ajout d’un bloc de pierre destiné à la rendre visible depuis le bas des marches, la séparant ainsi du bateau sur lequel elle est saisie en train de se poser.

L’un des enjeux de la dernière restauration menée en 2014 a été de retrouver la logique du monument, une Victoire se posant sur un bateau. Le retrait de ce bloc moderne a mis en évidence le contraste entre le marbre gris du navire et le marbre blanc de Paros, le plus beau marbre statuaire grec, dans lequel est sculptée l’extraordinaire figure féminine dont la silhouette est devenue une véritable icône.
 

Pour en savoir plus :

Une vidéo de présentation de l'oeuvre par Ludovic Laugier :
https://www.youtube.com/watch?v=R5D2gVIA2E0

La notice de l'œuvre sur louvre.fr :
https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/victoire-de-samothrace

Un focus interactif sur la Victoire de Samothrace :
https://focus.louvre.fr/fr/la-victoire-de-samothrace