Les œuvres de l'exposition

Le Crucifix aux anges

Charles Le Brun (Paris, 1619 - Paris,1690) Huile sur toile Musée du Louvre
1661
1,74m x 1,28 m


Entouré d’anges volants ou agenouillés, le Christ est en train d’expirer, la tête levée vers sa droite, le regard tourné vers le ciel. C’est l’ultime moment de la Passion qui est ici représenté : dans un dernier effort pour s’adresser à son père, le Christ semble résister de tous ses muscles : le bras droit est tendu, la cage thoracique soulevée par un spasme, les jambes sont musclées tandis que les pieds et les mains bleuis sont déjà nécrosés.

Ce corps suspendu est ainsi animé d’une véritable tension. D’un blanc laiteux se détachant sur le fond bleu du ciel, ce corps est au centre d’une composition animée et colorée révélant la variété des attitudes pour figurer la vénération, le ravissement et la dévotion.

 

Ce tableau peint par Charles Le Brun est l’une des œuvres religieuses les plus célèbres de la peinture française du dix-septième siècle.  Il a été peint selon le récit d’une vision de la reine Anne d’Autriche (1601-1666) mère de Louis XIV et fut placé au Louvre dans la chambre de son appartement d’hiver situé au rez-de-chaussée de la Petite Galerie. La couronne royale posée au pied de la croix, l’archange Saint Michel - saint patron du royaume de France - portant la cuirasse mais ayant déposé son casque évoquent sans doute l’action de la reine d’origine espagnole en faveur de la paix, qui aboutit au traité  dit des Pyrénées signé en 1659 avec l’Espagne. La répartition inégale des figures, la richesse des coloris sont au service de l’expression des passions sans pathétisme outrancier. Les anges présentent des attitudes et des physionomies variées suggérant une palette d’émotions (ravissement, adoration, vénération, respect) et renvoient à un code de représentation précis (corps courbés pour la vénération, bras croisés sur la poitrine comme expression de la Foi…). Le Brun théorisa cet art de l’expression des passions dans une communication faite à l’Académie de sculpture et de peinture en 1668. Commentant des passages du traité des Passions de l’âme de Descartes (1649), Le Brun proposa une codification des mouvements des traits du visage, principes dont témoignent plusieurs de ses dessins.

Voir à ce sujet :

L’admiration simple 

- Le Pleurer

- Le Rire

- La douleur aigüe 

 

 

© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux