Les œuvres de l'exposition

Le départ des volontaires de 1792 dit La Marseillaise

François Rude (Dijon, 1784 - Paris, 1855) Plâtre, esquisse pour l'arc de l'Etoile Musée du Louvre
Vers 1833
H: 0,68 m L: 0,65 m


Sur cette esquisse, une femme ailée, symbole de la Victoire, portant une côte de maille et une tunique à l’antique, tourne son regard vers la gauche tandis que son bras droit tendu vers l’avant semble appeler à la suivre. La tension du corps est renforcée par l’expression fougueuse et combative qui se dégage du visage du Génie de la Patrie, modèle au tiers d’exécution du départ des Volontaires de 1792. Couverte du bonnet phrygien, le front est plissé, les yeux exorbités et la bouche ouverte comme si la jeune femme criait. Elle incarne la France révolutionnaire menacée à ses frontières, la liberté acquise avec la Révolution de 1789 et appelle les volontaires à prendre les armes et à  défendre la « Patrie en danger ».

 

Les deux esquisses  en plâtre de François Rude représentent une étape dans la création du Départ des Volontaires de 1792, aujourd’hui visible sur la pile nord-est de l’Arc de Triomphe de l’Etoile sur les Champs Elysées, à Paris. En 1833, Le sculpteur  reçoit commande de François Guizot, ministre de l’intérieur du roi Louis-Philippe (1830-1848), avec d’autres confrères, d’un haut relief à la gloire des armées révolutionnaires qui en 1792 partent défendre les frontières du nord-est de la France contre les monarchies coalisées. Le groupe achevé met en valeur l’ardeur  patriotique de volontaires  de tous  âges et conditions. La figure féminine, telle une héroine guerrière et  déterminée à agir pour sauver la Révolution, réussit à créer l’unité de la Nation en rassemblant autour d’elle les soldats-citoyens. Par cette commande, la Monarchie de Juillet (1830-1848) montre sa volonté de s’inscrire dans l’héritage de 1789 et de jouer le rôle de  rassembleur des différentes tendances politiques puisque que l’inauguration de l’Arc de Triomphe (1837) en présence de Louis- Philippe et les autres hauts reliefs qui décorent le monument sont un hommage à la gloire des armées napoléoniennes. Le succès du Départ des Volontaires de 1792 fut tel que l’œuvre, animée du souffle épique des sculptures romantiques de Rude, est connue sous le nom de La Marseillaise (chant patriotique composé en 1792 pour les armées du Rhin par Rouget de Lisle et devenu hymne national de la France en 1879).

 

© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

 

 

 

 

 

 

Voir aussi...

Le Génie de la Patrie