Les œuvres de l'exposition

Portrait d’Henri IV en Hercule terrassant l’hydre de Lerne

Entourage de Toussaint Dubreuil (Paris, 1561 – Paris, 1602) Huile sur toile Musée du Louvre
Vers 1600
H : 0,91 m ; L : 0,74m


Le roi Henri IV (1589-1610) est représenté en Hercule, héros mythologique, symbole de la force et du courage. Le roi, au corps musclé, souriant mais au visage marqué par le temps, porte la massue, la peau de lion et triomphe de l’hydre de Lerne, monstre à plusieurs têtes qui représente la Sainte Ligue (catholiques insoumis). Henri IV, par ce travestissement, se présente en triomphateur et pacificateur du royaume.

Le roi Henri IV joue de l’ambivalence du motif de l’hydre qui était associé sous les Valois à la lutte contre les protestants et qu’il réutilise dans ce tableau contre les catholiques insoumis. Mythologie et action politique se rejoignent dans cette œuvre  ce qui donne un aspect étrange, voire ridicule à l’effigie royale : un visage reconnaissable, celui du roi vieillissant, reposant sur un corps vigoureux en équilibre sur le monstre qui semble  appartenir à une autre dimension. L’assimilation de la figure royale à Hercule se développe dès le sacre en 1594, moment où « des pièces de largesse » présententsur une face le roi lauré et sur l’autre le héros vainqueur de l’hydre. Le thème apparaît également  dans les décors éphémères lors des entrées royales comme à Lyon en 1595. C’est surtouten 1598, au moment de la paix avec l’Espagne et de l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de religion et reconnait l’existence du protestantisme que le roi est représenté sous les traits d’Hercule., héros qui a répondu au défi  du roi Eurysthée et triomphé des « douze travaux » qui lui étaient imposés tout comme Henri IV a triomphé des Ligueurs et imposé son autorité au royaume. 

 

© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle