Les œuvres de l'exposition

Victoire dite Niké phainoméride

Niké phainoméride (« à la belle cuisse ») Nécropole de Myrina (actuelle Turquie) Argile Musée du Louvre
Vers 175-125 avant J.-C.
H : 29 cm


Cette figurine ailée, personnification de la Victoire, est représentée de face, la jambe gauche en avant, le pied pointé. Son drapé flottant par la force du vent s’ouvre en révélant la cuisse et lui donne son aspect dynamique et aérien. La Victoire semble voler.

 

Cette figurine féminine appartient à l’abondante série découverte dans les tombes de la période hellénistique de la riche cité de Myrina, sur la côte occidentale de l’actuelle Turquie. Les fouilles conduites par Salomon Reinach et Edmond Pottier à partir de 1883 pour l’École française d’Athènes mirent au jour des centaines de tombes creusées dans le sol et qui ont livré des vases, des urnes cinéraires en bronze, des vases à parfum en terre cuite ou en verre et des milliers de figurines représentant principalement des Victoires ou des Erotes.

Suspendus dans les tombes, ils guidaient le défunt vers l’au-delà. Accompagnant à l’origine Athéna ou Zeus, la Victoire apparait au 5e siècle avant J.-C. sur des vases couronnant des athlètes. Les Victoires de Myrina portaient palmes ou couronnes et pouvaient ainsi participer de l’héroïsation du défunt. Le style est caractéristique de l’art parfois qualifié de baroque qui voit le jour dans la cité voisine de Pergame au deuxième siècle avant J.-C.

Le canon est élancé avec la tête petite, les épaules menues et les cuisses longues. La composition est audacieuse, ouverte dans les trois dimensions par la direction opposée de la tête, des ailes, des bras et de la jambe portée en avant. Le bouillonnement du drapé tombé de l’épaule droite et formant un rabat au niveau des hanches participe de ce style connu par la Victoire de Samothrace ou les reliefs de l’autel des Dieux et des Géants de Pergame. Le drapé multiplie les effets de surface : plis en queue d’aronde soulignant la verticalité le long des jambes ou au contraire replis refouillés du rabat contrariant par son horizontalité le dynamisme du mouvement.

 

© Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Daniel Lebée / Carine Déambrosis